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L’Éthique politique de John Locke et la loi naturelle comme critère normatif de la justice politique – Partie 2

John Locke est l’une des plus éminentes figures de l’histoire de la pensée oc­cidentale en raison de ses importantes contributions tant dans le domaine philosophique, politique, qu’économique. Moins d’un demi-siècle après la parution du gigantesque Leviathan (1651) de Hobbes et dix années après celle de l’absolu Patriarche (1680) de Sir Robert Filmer, paraissait, en 1690, à Londres, sous sa plume et sous le titre de Iwo Treatises of Government. In the former the false principles and Latin-dations of Sir Robert Filmer and his followers are detected and overthrown. The latter is an Essay concerning the true Original, Extent and End of Civil Government.1, le modeste mais non moins important ouvrage qui, pouvons-nous dire, servira la cause de la liberté des citoyens et maintiendra la puissance, l’autorité étatique « dans les limites de la simple raison ».

 

L’Éthique politique de John Locke et la loi naturelle comme critère normatif de la justice politique – Partie 1

John Locke est l’une des plus éminentes figures de l’histoire de la pensée oc­cidentale en raison de ses importantes contributions tant dans le domaine philosophique, politique, qu’économique. Moins d’un demi-siècle après la parution du gigantesque Leviathan (1651) de Hobbes et dix années après celle de l’absolu Patriarche (1680) de Sir Robert Filmer, paraissait, en 1690, à Londres, sous sa plume et sous le titre de Iwo Treatises of Government. In the former the false principles and Latin-dations of Sir Robert Filmer and his followers are detected and overthrown. The latter is an Essay concerning the true Original, Extent and End of Civil Government.1, le modeste mais non moins important ouvrage qui, pouvons-nous dire, servira la cause de la liberté des citoyens et maintiendra la puissance, l’autorité étatique « dans les limites de la simple raison ».

 

De l’humanisme religieux à l’École laïque : une impossible compatibilité ?

L’évolution des sociétés humaines peut être conçue comme un phénomène se produisant par strates superposées, mais aussi s’interpénétrant selon une dynamique propre à elles et au gré des actions humaines. À cette enseigne, les formes les plus anciennes de la manifestation de la culture et des productions de l’esprit humain sédimentent nécessairement les plus récentes. L’histoire en peut témoigner, surtout de nos jours, avec la conscience toujours plus aigüe en la nécessité de re-visitation des passés en vue du progrès, d’une perfectibilité civile et morale toujours plus croissante du genre humain, mais aussi plus insidieusement et entravant quelquefois très gravement le progrès, l’affirmation très exacerbée des identités de cloisonnement et de barbarie.

L’école, comme lieu de production et de transmission des savoirs et de la culture humaine n’échappe guère à ce principe et phénomène. De fondamentalement religieuse, telle que l’histoire peut la décrire en ses origines, asservie aux systèmes des croyances et dogmes des religions et spiritualités, elle se veut faire au fil du temps et surtout à notre époque, ceci depuis le siècle des Lumières, institution émancipée et émancipatrice de l’humanité. L’émancipation en question ne se fait cependant pas toujours sans heurts ni illusions. Car à l’élan libérateur et la tentative de dépassement que se prescrit « l’entité-à-aliéner », ici l’école, « l’entité aliénante », la « société fermée », s’oppose et s’impose en permanence. L’école, dans les démocraties modernes et sociétés pluralistes, se veut résolument laïque. Or en se voulant telle, elle ne peut pas ne pas se définir et se contre-positionner par rapport à son long passé. La présence permanente et vive de ce passé est faite de toile de fond religieuse et spirituelle très marquée.

 

Droits naturels et devoir naturel chez Rawls

À l’heure où de nombreux débats s’organisent autour de l’interprétation de la position originelle de Rawls, et où foisonne toute une littérature philosophique sur le sujet, si des pistes de réflexion déjà proposées pour la résolution du problème demeurent dignes de considération, un regard attentif pourrait aussi se porter sur la thématique des devoirs naturels chez Rawls et les rapports que ceux-ci pourraient avoir avec les principes de justice qu’il propose – notamment avec le premier principe dans lequel on trouve une formulation ou re-formulation de l’idée des droits naturels inaliénables de l’homme. Mais, c’est en vain que l’on cherchera des réflexions substantielles sur ce sujet. Cette investigation se propose d’examiner ces rapports en vue d’une possible solution au problème de la justification des principes de justice rawlsiens.