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L’anthropologie kantienne et la paix perpétuelle

Cet article est initialement le produit d’une communication donnée en 1995 à l’Université d’Ottawa lors du 200ième
anniversaire de la parution de l’opuscule de Kant, « Zum ewigen Frieden », une année correspondant également au 50e anniversaire des Nations Unies. Il a été publié officiellement dans le Journal Philosophique de l’Outtaouais en 1997.

L’ANTHROPOLOGIE KANTIENNE ET LA PAIX PERPETUELLE

Varus Atadi SOSOE
Doctorant – Ecole des Etudes Supérieures et de la Recherche
Université d’Ottawa
05-10-95

Si les dispositions les plus basses aussi bien que les plus élevées de l’homme sont autant de dons de la nature, à telle enseigne qu’il est impensable de priver l’anthropologie, la morale et le droit politique kantiens des principes téléologiques qui en constituent les assises théoriques et les linéaments principiels de la pratique humaine, il n’en demeure pas moins vrai que l’insociable sociabilité et la guerre sont autant de manifestations de son irresponsabilité, du mauvais usage de son libre vouloir et de sa raison. Non seulement la guerre ne saurait être imputée au mécanisme naturel, mais encore, et surtout, l’homme se doit de faire de la paix son devoir le plus pressant, afin de se conformer à la suprême de ses dispositions naturelles, la raison, dont la paix est un véto irrésistible. Et si seule une telle faculté peut conduire l’homme à ce qui est tenu pour son incontournable et ultime destination, la moralité, locus practicum de la symbiose nature-art ou nature-culture, la nature humaine en étant la porteuse, aussi opaque et incurable que soit le voile de malignité qui l’enrobe et le ronge intérieurement, la bonté ne peut qu’être l’indéniable monstration de cette nature. L’homme doit s’évertuer à son éclosion. Kant, malgré lui, nous en fait l’aveu.

INTRODUCTION

Nous proposons ici d’analyser les rapports entre l’idée de la nature humaine et la conception de la guerre et de la paix chez Kant. Les conceptions kantiennes de la guerre et de la paix ne sont-elles pas définitivement informées par l’idée que se fait Kant de la nature humaine ? L’homme est-il bon ou mauvais selon Kant ? L’idée de la courbure irrémédiable du bois dont l’homme est fait est-elle compatible avec celle de la paix perpétuelle ? Non pas tant qu’il faille soutenir que la guerre serait absolument impensable — au stade inférieur du développement des dispositions naturelles de l’homme — si l’homme était essentiellement bon. Mais, la question est plutôt de savoir, si la possibilité de la paix perpétuelle une fois envisagée, et posée comme irréalisable et, en quelque sorte, coïncidant avec le stade ultime du développement des dispositions naturelles de l’homme, la moralité, la proposition kantienne de la malignité incurable de l’homme ne la rend pas inconcevable? Si oui, la proposition n’appellerait-elle pas une signification autre que celle qui lui est généralement accordée, ceci, à l’intérieur de l’anthropologie kantienne elle-même ?

Afin de mieux cerner ce problème de la possibilité de la paix perpétuelle entre les Etats à partir de l’idée kantienne de la nature humaine, nous nous proposons d’étudier non seulement l’essai sur la « Paix perpétuelle » (1795) mais aussi l’anthropologie philosophique kantienne telle qu’elle apparaît dans l' »Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmo-politique » (1784)i, donc à partir de la philosophie kantienne de l’histoire.

La thèse majeure que nous cherchons à établir à partir de cette étude peut s’énoncer en ces termes: malgré les idées kantiennes d'<<insociable sociabilité>> et de la <<courbure>> intrinsèque de l’homme, se devrait lire dans l' »Idée « et la « Paix perpétuelle », un concept, en définitive, positif de la nature humaine. L’homme est bon en sa nature, sinon la paix perpétuelle serait une pure chimère, un simple <<rêve de visionnaire>>.

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De quelques vertus des arts martiaux

<<La langue est flasque; mais elle résiste, les dents sont dures et elles tombent>>

(Proverbe chinois)

INTRODUCTION

En exposant ici le résultat de certaines de nos réflexions sur les vertus des arts martiaux, nous avons l’intention de faire voir, en un clin d’oeil, l’apport sans précédent que, par la politique d’ouverture des institutions spécialisées, la pratique et la philosophie martiale telles que nous les concevons et enseignons peut constituer pour des personnes en difficultés aussi bien que la gamme des valeurs morales ou éthiques (personnelles et/ou sociales) , intellectuelles et spirituelles qu’elles développent en tout adepte consciencieux ou néophyte. De faire voir clairement l’utilité du Karate traditionnel dans la vie quotidienne, dans ses aspects sociaux, professionnels, ordinaires, et même dans les situations critiques de la vie aussi bien que devant la mort, telle est notre humble intention. Pour ce faire, nous avons jugé bon de choisir en exemple une institution fictive nommée „HEKAPTAH“ qui oeuvre pour la réinsertion des toxicodépendants et des sidéens1, afin de mieux faire apparaître cette utilité dans le processus de.rééducation de ces personnes à difficultés.

Lire l’article en entier EDKAPTAH

 

 

 

Rousseau: de notre nature, de nos droits, de notre éducation

Ce n’est donc pas tant l’entendement qui fait parmi les animaux la distinction spécifique de l’homme que sa qualité d’agent libre. La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L’homme éprouve la même impression, mais il se reconnaît libre d’acquiescer ou de résister; et c’est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme; car la physique explique en quelque manière le mécanisme des sens et la formation des idées, mais dans la puissance de vouloir ou plutôt de choisir, et dans le sentiment [ou la conscience] de cette puissance, on ne trouve que des actes purement spirituels, dont on n’explique rien par les lois de la mécanique.

Oeuvres Complètes, préface de Jean Fabre, Edition Michel Launay, 3 Tomes, T. 2, page 210, Paris: Seuil, 1971

 

De la Didactique intégrée : Forces et Faiblesses

En choisissant le thème de la Didactique Intégrée (DI) et comme sujet « Forces et faiblesses de la didactique intégrée », nous avons voulu répondre d’une part à un appel pressant des grandes institutions en matières de politiques éducatives linguistiques, CIIP, CDIP etc. et leurs instruments de travail privilégiés, le CECR, GREL, PEL, etc. D’autre part, en tant que néophytes de la didactique, notre intention est de contribuer tant soit peu à notre niveau à réfléchir à ce qui semble être LA réponse quasi-unanime actuelle que les experts en didactique apportent aux problèmes du pluri-linguisme et -culturalisme.

 

L’Éthique politique de John Locke et la loi naturelle comme critère normatif de la justice politique – Partie 2

John Locke est l’une des plus éminentes figures de l’histoire de la pensée oc­cidentale en raison de ses importantes contributions tant dans le domaine philosophique, politique, qu’économique. Moins d’un demi-siècle après la parution du gigantesque Leviathan (1651) de Hobbes et dix années après celle de l’absolu Patriarche (1680) de Sir Robert Filmer, paraissait, en 1690, à Londres, sous sa plume et sous le titre de Iwo Treatises of Government. In the former the false principles and Latin-dations of Sir Robert Filmer and his followers are detected and overthrown. The latter is an Essay concerning the true Original, Extent and End of Civil Government.1, le modeste mais non moins important ouvrage qui, pouvons-nous dire, servira la cause de la liberté des citoyens et maintiendra la puissance, l’autorité étatique « dans les limites de la simple raison ».

 

L’Éthique politique de John Locke et la loi naturelle comme critère normatif de la justice politique – Partie 1

John Locke est l’une des plus éminentes figures de l’histoire de la pensée oc­cidentale en raison de ses importantes contributions tant dans le domaine philosophique, politique, qu’économique. Moins d’un demi-siècle après la parution du gigantesque Leviathan (1651) de Hobbes et dix années après celle de l’absolu Patriarche (1680) de Sir Robert Filmer, paraissait, en 1690, à Londres, sous sa plume et sous le titre de Iwo Treatises of Government. In the former the false principles and Latin-dations of Sir Robert Filmer and his followers are detected and overthrown. The latter is an Essay concerning the true Original, Extent and End of Civil Government.1, le modeste mais non moins important ouvrage qui, pouvons-nous dire, servira la cause de la liberté des citoyens et maintiendra la puissance, l’autorité étatique « dans les limites de la simple raison ».

 

De l’humanisme religieux à l’École laïque : une impossible compatibilité ?

L’évolution des sociétés humaines peut être conçue comme un phénomène se produisant par strates superposées, mais aussi s’interpénétrant selon une dynamique propre à elles et au gré des actions humaines. À cette enseigne, les formes les plus anciennes de la manifestation de la culture et des productions de l’esprit humain sédimentent nécessairement les plus récentes. L’histoire en peut témoigner, surtout de nos jours, avec la conscience toujours plus aigüe en la nécessité de re-visitation des passés en vue du progrès, d’une perfectibilité civile et morale toujours plus croissante du genre humain, mais aussi plus insidieusement et entravant quelquefois très gravement le progrès, l’affirmation très exacerbée des identités de cloisonnement et de barbarie.

L’école, comme lieu de production et de transmission des savoirs et de la culture humaine n’échappe guère à ce principe et phénomène. De fondamentalement religieuse, telle que l’histoire peut la décrire en ses origines, asservie aux systèmes des croyances et dogmes des religions et spiritualités, elle se veut faire au fil du temps et surtout à notre époque, ceci depuis le siècle des Lumières, institution émancipée et émancipatrice de l’humanité. L’émancipation en question ne se fait cependant pas toujours sans heurts ni illusions. Car à l’élan libérateur et la tentative de dépassement que se prescrit « l’entité-à-aliéner », ici l’école, « l’entité aliénante », la « société fermée », s’oppose et s’impose en permanence. L’école, dans les démocraties modernes et sociétés pluralistes, se veut résolument laïque. Or en se voulant telle, elle ne peut pas ne pas se définir et se contre-positionner par rapport à son long passé. La présence permanente et vive de ce passé est faite de toile de fond religieuse et spirituelle très marquée.